Please follow and like us:

  • 0
  • Share

Demain, Rennes arborera tous les atours d’une destination phare en matière de tourisme urbain et de rencontres d’affaires… C’est l’ambition ! Et dans cette « verte entreprise », le bureau des congrès de Destination Rennes a, d’emblée, misé sur les éco-congrès et le développement durable.

Un choix qui séduit de plus en plus les organisateurs d’événements à l’instar de Véronique Chable, ingénieur de recherche à l’Inra et membre de l’équipe française candidate à l’organisation du 20e congrès international de l’agriculture biologique en 2020.

C’est une course de fond. Par équipe. La ligne d’arrivée est encore loin. Pourtant, les temps de passage sont encourageants. Et du côté du groupe Biodiversité cultivée et Recherche participative à l’Inra, au Rheu, on se veut optimiste. Sans excès de confiance.

Une candidature vertueuse

Véronique Chable, ingénieur de recherche à l’Inra et membre de l’équipe candidate à l’organisation du 20e congrès international de l’agriculture bio en 2020. | Photo : Ouest-France.

Véronique Chable a tout d’une cultivatrice raisonnée. Elle peaufine avec soin, sans ménager ses efforts, le dossier de candidature française à l’organisation du 20e Congrès international de l’agriculture biologique : « Pour nous, c’est comme organiser les Jeux olympiques. La compétition est mondiale. Nos concurrents sont des pays tels que le Brésil, la Chine ou encore la Russie. Tout va se jouer à New-Delhi en novembre 2017. Mais nous ne sommes pas inquiets. Le dossier est ambitieux et de qualité. »

Il ne reste plus qu’à convaincre le jury de l’IFOAM, la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique qui rassemble près de 800 organisations à travers le monde. Et pour cela Rennes ne manque pas d’arguments : capitale de la biodiversité en 2016, une démarche Agenda 21, un label Cit’ergie pour sa politique énergie-climat, un label égalité professionnelle et des lauriers tressés par le magazine Terra Eco en 2013 pour sa politique en matière de développement durable.

Verdissement vs greenwashing !

Sans oublier le côté pratique, apaisé et sécurisé du centre-ville de Rennes comme le souligne Véronique Chable : « À Séoul, nous avions plus d’1 heure de trajet pour nous rendre au colloque. Là – à Rennes – tout sera accessible à pieds, en transports en commun ou en vélos. Les participants pourront profiter des charmes et de l’ambiance du centre tout en limitant leurs déplacements. Ça correspond bien la philosophie de notre événement ! »

Consciente des enjeux de cette compétition – et du haut très haut niveau du plateau qui rassemble les derniers compétiteurs en lice – Véronique Chable n’a pas encore dévoilé toute la mesure de son jeu.

Dans sa manche, elle cache même un atout qui pourrait se révéler décisif : l’éco-responsabilité de ce futur colloque. « À Rennes, l’ensemble de la chaîne d’accueil s’est engagée dans une démarche d’éco-responsabilité (ISO 26 000). Les transports sont doux, l’alimentation est locale et majoritairement bio, etc. Nous avons même la possibilité de réaliser un bilan carbone. Au final, cela devrait nous permettre de faire la différence ! »

Un territoire racine et un champ d’expérimentation

Cette candidature est le fruit d’un travail collectif entre l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB) et les organisations bio bretonnes. Et d’échanges constants et réguliers avec le Bureau des congrès de Destination Rennes. Le tout dans l’optique de muscler le dossier et de gagner en sérénité : « Aujourd’hui, nous avons des garanties, notamment en matière d’éco-responsabilité et de réservation hôtelière. C’est un travail mutuel. C’est très positif pour notre dossier et très bon pour la confiance des parties-prenantes ! »

Il n’empêche que, comme pour toute compétition, si la préparation est essentielle, la stratégie et la cohérence sont indispensables. De fait, en prévision du jour J, Véronique Chable ne laisse rien au hasard « La Bretagne est une terre historique de l’agriculture biologique. C’est un territoire racine pour ce mouvement et un champ d’expérimentation pour la bio de demain. Le choix de Rennes était donc évident. Les participants à OWC 2020 pourront rencontrer les acteurs locaux et découvrir leurs réalisations. Le tout à un moment important de notre histoire où l’évolution du marché ne doit pas nous conduire à une perte de valeurs ! »

Pour Véronique Chable, Rennes est donc le bon choix. Une destination tout sauf hors-sol et qui présente l’avantage d’être au croisement des cultures, la petite et la grande ; celle qui nourrit les corps et celle qui nourrit les âmes. « Le couvent des Jacobins est en endroit exceptionnel, chargé d’histoire. Sa construction remonte au temps de Saint-François d’Assise*. Tout un symbole pour l’agriculture biologique ! », relève avec enthousiasme, la chercheuse de l’Inra.

Depuis 2010, l’association France Congrès et événements – qui regroupe une cinquantaine de villes préoccupées par la thématique du tourisme d’affaires – s’est dotée d’une charte qualité et développement durable. Elle repose sur 25 engagements et poursuit l’ambition de combiner « qualité de services et développement durable des destinations. » 

Cette charte est par ailleurs certifiable par des tiers (organismes certificateurs) et évolutive. A ce jour, 55 % des membres du réseau ont obtenu une certification ou sont engagés dans une démarche qualité et développement durable. 

Certaines villes ont fait le choix d’une certification IS0** : 9001 pour la qualité ; 14001 pour le management environnemental ; 20121 pour le management responsable d’événements ou encore 26000 pour la responsabilité sociétale (non certifiable).

L’Ademe*** a de son côté mis en ligne un site internet dédié à l’éco-communication dans le but d’aider les professionnels du secteur à intégrer les questions de développement durable dans leur stratégie de communication.

Enfin, pour évaluer leurs pratiques, les organisateurs d’événements peuvent se référer au calculateur de performance globale édité par l’Unimev (Union française des métiers de l’événement). Un outil globale et complet qui permet de calculer son empreinte écologique.

Sinon, il y a encore l’auto diagnostic environnemental disponible en ligne. Ce dernier a été développé par le collectif des événements responsables. Collectif au sein duquel, on retrouve l’Ademe, l’association des agences de Communication Evénementielle, la Fondation Nicolas Hulot, etc.

* En 1979, le Pape Jean-Paul II a proclamé Saint François d’Assise patron de tous ceux qui se préoccupent d’écologie par la lettre apostolique Inter sanctos praeclarosque viros.

** Organisation internationale de la normalisation

*** L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie


Source : Christian Veyre, Ouest France

Please follow and like us:

  • 0
  • Share
CONTACT

Abonnez-vous à notre newsletter !