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L’Institut montpelliérain de l’eau et de l’environnement devient un Centre international Unesco. Une véritable reconnaissance du travail accompli et un tremplin considérable pour l’avenir.

Le 18 novembre 2019, la conférence générale des États membres de l’Unesco a approuvé la création d’un centre international dédié à l’eau sur Montpellier. En octobre dernier, l’accord entre l’Unesco, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et l’université de Montpellier l’a publiquement officialisé. Le centre sera inauguré ce mardi 2 février avec un premier conseil d’administration.

Décryptage avec son directeur, Éric Servat, de ce qui apparaît comme un événement mondial dans le domaine de la recherche.

  1. Montpellier, une ville d’eau

« Dans le domaine de l’eau, il y a beaucoup de compétences à Montpellier, explique Éric Servat. Il existe une quinzaine de laboratoires qui sont membres du centre Unesco. Tous les établissements d’enseignements supérieurs travaillent à des degrés divers dans le domaine de l’eau. Et vous avez tous les organismes de recherche nationaux (CNRS ; Inrae, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement ; Cirad ; BRGM, Service géologique national) présents. »

Un riche écosystème qui a pris un nouvel élan en janvier 2015. « On a mis en place l’Institut montpelliérain de l’eau et de l’environnement (IMEE), rappelle le directeur du centre. Cela nous a permis d’exploiter la vraie richesse de cette communauté à Montpellier : sa pluridisciplinarité et le fait qu’elle s’implique dans des approches interdisciplinaires pour progresser. »

  1. D’un institut à un centre international

L’IMEE regroupe près de 400 scientifiques et plus d’une centaine de doctorants. « Ça n’existe nulle part ailleurs ! », soutient Éric Servat. Une spécificité qui lui a permis d’être « très visible et très bien pris en compte dans le cadre du projet Muse (*). Parce l’eau impacte tous les domaines. Muse nous a financé une « initiative clé » (Key initiative) sur l’eau qui nous a fait franchir un cap, avec un autre niveau d’ambition en nous apportant des moyens supplémentaires. »

  1. Un projet porté par l’État

Un autre niveau d’ambition qui a décidé l’IMEE à se porter candidat auprès de l’Unesco. « On a déposé le dossier en novembre 2018. Au sein de l’Unesco, dans le secteur des sciences naturelles, il y a une division sur l’eau. Dans cette division, il y a des centres et des chaires, détaille Éric Servat. Les chaires se montent beaucoup plus vite. Pour créer un centre international, il y a un vrai formalisme. C’est le gouvernement français qui a déposé le dossier. »

La nouvelle a été officialisée en octobre dernier : le centre de Montpellier est devenu le second centre international Unesco sur le territoire français. « Il n’y en avait qu’un seul, créé il y a une cinquantaine d’années, dans le domaine des mathématiques. C’est un événement », se félicite Éric Servat.

  1. Que va apporter cette reconnaissance internationale

« L’Unesco, c’est une marque. Ça vous offre une visibilité, ça change tout. On s’inscrit désormais dans le concert international des sciences de l’eau. Notre visibilité et notre attractivité vont être considérablement dopées », avance Éric Servat.

  1. Quelles ambitions désormais

Avant tout scientifiques, bien entendu :  » On défend dans ce centre un projet de promotion des approches interdisciplinaires qui combinent les sciences naturelles, humaines, sociales, et les sciences dures comme la modélisation mathématique. »

Le but ? « Relever les défis qui sont face à nous dans le domaine de l’eau pour les années et les décennies qui viennent : la disponibilité de la ressource en eaux, sa qualité, les compromis à trouver entre les différents usages de la ressource, les problématiques de risques hydrologiques, etc. »

Mais aussi de profiter du réseau international de l’Unesco pour prendre la lumière : « Dans le monde, il n’y a qu’une trentaine de centres internationaux et régionaux dans le domaine de l’eau avec des niveaux d’activités différents », souligne Éric Servat.

Montpellier, qui a tissé des liens depuis de longues années avec les Nations Unies, propose cette approche pluridisciplinaire qui séduit et, fort de la réunion et du nombre de ses scientifiques, se pose d’ores et déjà comme « un des tout premiers centres au niveau international ».

Mais le directeur ne cache pas sa volonté d’approfondir les relations entretenues depuis de nombreuses années avec le bassin méditerranéen et l’Afrique subsaharienne : « L’idée, c’est d’utiliser le logo Unesco pour consolider et développer ces réseaux de partenariats avec les communautés scientifiques des pays du Sud. L’impact est à la fois en recherche, en portant des projets en co-tutelle, mais aussi en formation. »

Dans cette optique, Éric Servat voit d’un très bon œil le sommet Afrique-France qui se tiendra en juillet. Mais le rayonnement de l’Unesco sur Montpellier pourrait bien sûr avoir d’autres conséquences, comme attirer des chercheurs et de très bons étudiants.

  1. Des premières retombées

Le programme hydrologique intergouvernemental et la division des sciences de l’eau de l’Unesco ont choisi le centre de Montpellier pour la gestion, dès février, du  » secrétariat exécutif de l’un de leurs plus gros programmes, « Friends water », qui regroupe 120 pays répartis dans le monde en groupes régionaux. C’est un programme emblématique de l’Unesco. »

Le centre de Montpellier monte aussi des hackathons au niveau international en numérique, sur l’eau et la ville. « Les 11 et 12 février, on mobilise 10 lycées (dont La Merci et Jean-Monnet à Montpellier) dans le monde sur trois continents. On va faire bosser les lycéens sur des sujets qui touchent à l’eau et la vie. » Un aperçu des nombreux projets portés par le centre.

À Montpellier, plus que jamais, l’eau coule de source.

Deux nouveaux écrins pour accueillir le centre international

Dans le cadre du Contrat plan État-Région 2015-2020, la Région et le Feder (Fonds européen de développement régional) avaient accordé un budget de 15 M€ pour construire un centre sur l’eau à Montpellier.

Où en est-on ? « Les travaux avancent », confirme Éric Servat. Le centre sera ainsi localisé en deux endroits : au pied du zoo, au domaine de Lavalette, en lieu et place du centre de recherche Inrae : « Ici, il s’agit surtout de rénover les bâtiments et de mettre en place des centres d’expérimentation », commente le directeur de l’IMEE.

Une livraison prévue pour septembre 2022

Le second site, lui, sera au cœur du campus de l’Université de Montpellier : « On va rénover un bâtiment et en construire un autre ». L’ensemble des deux sites, nommé Hydropolis, représentera ainsi 6 000 m² construits ou réhabilités : « On va pouvoir regrouper là la recherche et les entreprises. Et évidemment, les locaux du Centre proprement dit, en tant que structure, trouveront toute leur place dans ce dispositif. »

Les bâtiments doivent être livrés en septembre 2022. Pour Éric Servat, c’est un bel alignement des planètes : « On a le sentiment que toutes les initiatives que nous avions prises, les projets, semblaient être en parallèle. Mais il y avait quand même un peu de cohérence dans l’ensemble, sourit le directeur. Tout converge et, entre maintenant et la fin d’année prochaine, il y aura vraiment un superbe dispositif autour de l’eau à Montpellier. »

(*) Le projet Muse « Montpellier Université d’Excellence » mobilise les forces de 16 institutions vers une ambition commune : faire émerger à Montpellier une université thématique de recherche intensive, internationalement reconnue pour son impact dans les domaines liés à l’agriculture, l’environnement et la santé.

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