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Le 3e baromètre annuel « attractivité et dynamisme des métropoles », établi par le spécialiste national de l’immobilier d’entreprise Arthur Loyd, analyse sous toutes les coutures les points forts et les points faibles de 45 aires urbaines en France. Montpellier y progresse d’une place et frôle le podium du Top 3.

Le Salon de l’immobilier d’entreprise (SIMI) se tiendra du 11 au 13 décembre au Palais des congrès de la Porte Maillot à Paris. L’occasion pour les collectivités de déployer leurs arguments de marketing territorial afin d’attirer des entreprises en quête d’implantation. À quelques mois des élections municipales, les communes et intercommunalités jouant un rôle important dans la stimulation du tissu économique et l’accueil des entreprises, les enjeux sont de taille…

C’est cette attractivité que mesure le baromètre annuel réalisé par le réseau Arthur Loyd, spécialiste français de l’immobilier d’entreprise. Sa 3e édition, parue il y a quelques jours, propose une lecture des dynamiques territoriales et des créations d’emplois, ainsi que des avantages concurrentiels des grands territoires urbains. L’étude porte sur 45 aires urbaines de plus de 100 000 habitants (couvrant 77 % de la population française), examinées à la loupe au travers de 75 indicateurs issus d’une vingtaine de sources différentes.

Derrière Nantes, Rennes et Grenoble

Parmi les principaux enseignements du baromètre : « En 2018, les créations nettes d’emplois baissent partout mais la dynamique d’emplois s’est renforcée dans les métropoles de plus de 500 000 habitants, les grandes aires urbaines concentrant 84 % des créations nettes d’emplois dans le secteur privé, contre 63 % en 2017, souligne Cevan Torossian, directeur d’Études & Recherches chez Arthur Loyd. Et depuis dix ans, c’est dans les proches périphéries que la dynamique de création d’emplois est la plus forte ».

Le baromètre mesure le niveau d’attractivité de quatre catégories d’aires urbaines (très grandes métropoles, grandes métropoles, métropoles intermédiaires et agglomérations de taille moyenne) sur quatre grandes thématiques (et 13 items) : « performances économiques », « marché tertiaire et accueil des entreprises », « Connectivité, capital humain et innovation » et « qualité de vie ».

Dans la catégorie des grandes métropoles, Montpellier gagne une place et monte sur la 4e marche du podium (devant Strasbourg), dont les trois premières places sont occupées par Nantes, Rennes et Grenoble.

Démographie et diplômés

La capitale languedocienne se distingue sur la thématique « Connectivité, capital humain et innovation ». Entre 2010 et 2016, l’aire urbaine a connu un vrai dynamisme démographique, avec 58 000 habitants supplémentaires, soit la plus forte croissance de sa catégorie (+ 10,6 %) devant Nantes (+ 10,1 %) ou Bordeaux (+ 8,1 %). « Ce qui monte l’aire urbaine de Montpellier à 600 000 habitants », précise Cevan Torossian.

« L’aire urbaine de Montpellier enregistre une forte croissance de la population 15-29 ans et elle est 1e de sa catégorie sur le taux de diplômés, avec un taux de 70 diplômés sur 100 personnes sans diplômes ou inférieur au bac, explique-t-il. C’est aussi le cas de Toulouse qui, avec un taux de 72/100, est la première de la catégorie des très grandes métropoles. Or le vivier de compétences est un atout capital pour attirer les entreprises… On note aussi un bon classement de Montpellier – 2e position – sur l’item de l’ouverture à l’international, avec 15 % d’étudiants étrangers. Et la ville est bien reliée aux capitales européennes grâce à l’aéroport ou aux liaisons TGV vers de Lyon ou Paris, permettant d’accéder facilement à des aéroports internationaux. »

Faiblesse sur le marché de bureaux

L’aire urbaine montpelliéraine est plutôt bien notée sur la thématique « performances économiques », 4e sur 10 : « Elle est 1e en taux de création d’entreprises, et 2e pour la part des cadres dans les CSP – 23 %, devant Nantes ou Lyon… Quant aux créations nettes d’emplois, la ville-centre en a enregistré 925 dans le secteur privé entre 2008 et 2014, et 7 744 entre 2014 et 2018, soit une hausse de 8,8 %, mais aussi 9 950 sur les villes périphériques comme Castelnau-le-Lez, Lattes ou Pérols, soit une hausse de 14 % ».

Toutefois, elle pèche sur son taux de chômage (11,16 % fin 2018), et par un score en retrait pour la part des dépenses des EPCI consacrées aux dépenses d’équipement : « Montpellier arrive en 8e position dans sa catégorie, avec une part de 20,40 % dans les dépenses globales (1), contre 31,93 % pour Rennes ».

« Sur le marché immobilier tertiaire, l’offre de bureaux montpelliéraine est moins bien placée que Rennes ou Nantes. Les transactions en bureaux neufs ont été importantes en 2018 mais la fiscalité locale est moins avantageuse et les loyers en bureaux neufs plus élevés que la moyenne de la catégorie. »

Mobilités : peut mieux faire

Contre toute attente, le point faible de l’aire urbaine montpelliéraine s’avère être la qualité de vie (9e sur 10)… En cause notamment, le coût du logement (dernière de sa catégorie) avec un m2 loué à 14 € en centre-ville contre 8 € à Saint-Etienne.

« L’aire urbaine est 7e sur 10 en mobilité locale, ajoute Cevan Torossian. Elle présente une offre kilométrique des transports urbains (2) quelque peu en retrait par rapport à ses concurrentes : 29,6 km annuels par habitant quand Rennes, la 1ère du classement de cette catégorie, affiche 53,7 km. Autre raison : une importante congestion des routes, plus que Grenoble et Toulon. »

Une donnée qui n’étonne pas Michel Peinado, directeur associé Arthur Loyd Montpellier/Nîmes : « Bien sûr, il faut privilégier les transports en commun, mais il faudra peut-être aussi un jour se saisir de la question des infrastructures routières ! Quand on a lancé le doublement de l’A9, on parlait de faire des sorties d’autoroute, notamment pour desservir le quartier Cambacérès, autour de la nouvelle gare TGV… Plus personne n’en parle ! Ce quartier Cambacérès, c’est le réservoir pour les dix prochaines années, il n’y pas de plan B… Au nord de Montpelier, on avait beaucoup de difficulté à placer des entreprises car l’accessibilité était catastrophique. Ça s’est un peu arrangé… Aujourd’hui, je défends un sujet : ouvrir à la tertiarisation d’autres secteurs de Montpellier comme l’ouest de Saint-Jean-de-Védas ou Prés d’Arènes ».

L’expert, qui s’inquiète d’une offre de bureaux en repli pour l’année à venir, est encore plus pessimiste sur les locaux d’activité, un marché presque atone…

(1) Données 2017 issues du site collectivites-locales.gouv.fr.

(2) Données CEREMA 2016.

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