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Depuis quelques années, l’Agence d’Urbanisme et de développement intercommunal de l’agglomération rennaise (Audiar) regarde de très près l’évolution du secteur du tourisme et des rencontres professionnelles. A tel point qu’elle a créée, à la demande de ses membres, il y a un peu plus d’un an, un observatoire dédié à ces questions. Entretien avec Jérôme Malle, chargé d’études et spécialiste de l’économie du tourisme pour l’Audiar.

Rennes est-elle une destination touristique ?

Rennes va s’inscrire progressivement sur la carte mentale du tourisme urbain en France voire au-delà. Si aujourd’hui, elle se caractérise d’abord par une clientèle française et d’affaires, très liée d’ailleurs à la conjoncture économique, les grands projets vont bousculer la filière du tourisme et des rencontres professionnelles.

Arrivée de la LGV cet été, livraison du centre des congrès à l’automne, mise en service de la ligne B du métro en 2020. Sans oublier la cité internationale, le quartier EuroRennes, la rénovation du centre ancien ainsi que la nouvelle gare transformée en pôle d’échanges multimodal.

Bref, le changement de paysage sera total ! Toutes les conditions seront donc bientôt réunies pour faire de Rennes une destination accessible et attractive pour les touristes pro mais aussi les city-breakers.

La marque Bretagne

Quels impacts pour le territoire ?

Les effets ont déjà été anticipés, notamment par le secteur hôtelier qui est monté en gamme avec l’ouverture d’un 4 et 5 étoiles et en 2019 d’un 5 étoile place des Lices. A cela, s’ajoute un cœur marchand de Rennes qui reste le premier pôle commercial du Grand Ouest en termes d’offre, de diversité et de chiffres d’affaires.

Sur d’autres aspects, l’agglomération doit progresser. C’est le cas de la fréquentation de ses musées par exemple. Rappelons enfin que l’une des cartes maîtresse de Rennes reste… l’image de la Bretagne et la proximité de destinations comme Saint-Malo ou le Mont-Saint-Michel. L’un n’est pas exclusif de l’autre, loin de là.

C’est l’effet LGV ?

Plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte pour expliquer cette évolution. Mais au départ, il y a un constat, déjà ancien et qui est que Rennes n’était pas au niveau où elle devait être en matière de tourisme et de rencontres professionnelles en tant que métropole régionale et en tant que capitale de la Bretagne. Notamment en raison d’un déficit d’équipements et de services pour disons « les grandes manifestations. »

Une fois ce constat effectué, l’investissement des collectivités locales sur ce sujet a été très important. La stratégie de touristique définit en 2016 par Rennes Métropole a, également, bénéficié des effets positifs des politiques publiques locales en matière d’accessibilité, de réhabilitation urbaine et même de revalorisation de l’eau dans la ville. Le territoire a désormais de sérieux atouts.

« Proposer un imaginaire qui distingue Rennes »

Quel enjeu pour les années à venir ?

Il faut maintenant proposer à cette future clientèle un imaginaire qui distingue Rennes des autres destinations urbaines, des parcours urbains lisibles qui mixent flânerie, culture, shopping, gastronomie… mais aussi des propositions d’évènements uniques comme peuvent l’être des expositions temporaires à l’instar de celle des frères Bouroullec organisée en 2016. Autrement dit, de donner envie de vivre une expérience touristique.

Les marges de progression sont de fait considérables. Les efforts consentis ces dernières années par la collectivité ont permis d’inverser ce constat pour le volet « affaires ». Concernant le tourisme d’agrément, le socle sur lequel peut se déployer l’attrait de la destination rennaise est très solide.

Quelles sont les tendances observables ?

Il est difficile de tirer au jour d’aujourd’hui des conclusions sur le sujet. Nous n’avons pas encore assez de recul. Tout juste la photographie ! 2020 sera, sans doute, l’année de bascule : les principaux chantiers seront livrés, le couvent des Jacobins aura accueilli ses premiers congrès. Le dispositif sera rôdé. On pourra alors tirer des premiers enseignements que nous couplerons avec une étude quantitative auprès des touristes afin de mesurer plus finement les retombées économiques (directes, indirectes et diffuses).

Dans tous les cas, la Destination Rennes devrait bénéficier de l’essor du tourisme urbain en France et en Europe qui est porté par l’essor des bus, du TGV, des lignes aériennes low-cost mais aussi par le développement de plateformes de location de logements en ligne type Airbnb. Rennes n’est pas une île. Et puis les chiffres ne font pas tout !

L’exemple du Havre

Toutes les conditions sont donc réunies pour réussir ?

Oui. Regardez le Havre. Qui aurait parié il y a quelques années encore sur le potentiel touristique de cette ville ravagée par les bombardements alliés ? La cité océane est devenue en quelques années une destination touristique. Alors c’est vrai que Rennes n’est pas classée au Patrimoine mondiale de l’Unesco, il n’y a pas non le béton de Perret ou de Niemeyer, ni de MumA* et encore moins de docks rénovés mais il y a un foisonnement culturel, un patrimoine, une architecture moderne méconnue (Georges Maillols, etc.) et tout un tas de bonnes raisons.

Plus encore, les Rennais sont très attachés à leur territoire et donc très prescripteurs. Cette approche au plus près de la réalité touristique sera d’ailleurs suivi par le biais d’un dispositif big data « Orange Flux Vision » et basé sur la téléphonie mobile**.

* Le musée d’art moderne André Malraux (MuMa) renferme la plus grande collection de toiles impressionnistes hors Paris dont le tableau de Claude Monet « Impression soleil levant ».

** Le développement de Flux Vision a été soumis à la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) à différentes étapes de sa conception.

Source : OuestFrance 

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