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Devenir une ville plus intelligente, plus consciente, plus économe et plus responsable. Le rêve de chacun qui prend forme depuis plusieurs années grâce à l’apport des nouvelles technologies. Mais qu’appelle-t-on réellement une smart city ? Il s’agit en fait d’une ville qui se (re)construit autour de ses habitants, de leurs usages, en développant un réseau d’information permettant d’optimiser les ressources dans différents domaines (économie, environnement, communauté, équité, etc.). Tout cela repose essentiellement sur une bonne gestion des données numériques afin d’améliorer les installations publiques, les transports en commun, l’énergie et autres points convergents de la ville qui répondent aux besoins des citoyens, mais aussi des institutions et des entreprises. De rendre la ville plus vivante et vivable en somme.

Bien que technologique, la smart city se veut aussi une réponse au changement climatique. Cela peut prendre la forme d’une meilleure gestion de l’immobilier en centre-ville pour éviter l’étalement géographique coûteux en infrastructures et en énergie, la réduction de la production de déchets grâce à des systèmes de recyclage ou récupération souterrains, la production d’énergie solaire sur les bâtiments ou à partir de ces mêmes déchets… Selon Vitamin, bureau de tendances et prospective, il y aura plus de 50 milliards de données numériques en circulation en 2020. De quoi alimenter ces smart cities et multiplier les bonnes idées.

Des tentatives dans le monde entier

Depuis les années 1980, ce concept anglo-saxon fait des émules à travers le monde. A Singapour, un système de caméras s’intéresse au déplacement des populations. Cela a des effets sur la propreté des espaces publics, la densité de population à certains endroits et même le trafic des véhicules. Cela permet aussi de détecter les personnes fumant en dehors des zones autorisées. A Dubai, 50 services « intelligents » ont été lancés via l’introduction d’une appli qui gère aussi bien les contraventions adressées aux conducteurs pris en flagrant délit par les caméras que les factures d’électricité ou bien les plaintes pour violence à la police.

A Barcelone, on estime que la mutation vers la ville intelligente va permettre des millions de dollars d’économies à l’aide de capteurs qui pourront utiliser les éclairages publics quand il y en a besoin, mieux fluidifier le parking en ville en récoltant les informations sur l’occupation des places. A Paris, un projet mesure les déplacements, la pollution atmosphérique et sonore dans différents endroits de la capitale, mettant le tout sur une plateforme Open Data. Los Angeles a placé des capteurs dans les conteneurs à ordures pour mieux gérer ses collectes. En partenariat avec le français Navya, Las Vegas teste du transport en commun électrique autonome tout comme Chicago ou Lyon.

L’exemple réussi de Denver

En 2016, Denver et le fabricant électronique Panasonic ont annoncé un partenariat afin de transformer une partie de la ville du Colorado en smart city. Cela passait par la transformation de la région autour de l’aéroport en hub technologique, optimisant la consommation d’eau et d’énergie ainsi que les transports et la sécurité. En analysant en temps réel le trafic routier et piéton, le projet CityNow, porté technologiquement par la firme japonaise, rend l’éclairage public intelligent, gère la collecte et le stockage de l’énergie solaire. Denver a centré son projet autour de la mobilité intelligente, mais aussi de la santé digitale à portée de tous avec le déploiement dans des zones résidentielles d’outils de télémédecine et d’identification biométrique.

Deux ans plus tard, les efforts de la collaboration portent leurs fruits. La smart city est équipée de wifi, de caméras de sécurité, de capteurs environnementaux, de kiosques interactifs. Elle s’est aussi dotée d’un micro-réseau capable de prendre le relais en cas de panne de courant généralisée et d’alimenter la zone test durant 72 heures. En partenariat avec le ministère des Transports du Colorado, le système Road X a été mis en place pour permettre la communication entre les infrastructures et les voitures afin de réduire le nombre d’accident. Road X suggère des itinéraires basés sur le trafic en temps réel. Il peut aussi envoyer des messages aux conducteurs pour leur signaler un problème de conduite. Des navettes autonomes, conçues avec le français EasyMile, vont entrer en fonctionnement entre la gare ferroviaire et des stations de bus.

Dijon, la tentative française

En France, l’agglomération de Dijon (24 communes) a lancé un vaste programme de 53 millions d’euros d’investissements pour connecter son espace public. Les équipements vont être modernisés dès 2018. Un premier pas dans la mutation en smart city. La gestion de l’éclairage, de l’énergie, de la vidéosurveillance et de la voirie sera pilotée depuis un seul et même poste de commandement (contre six actuellement). Dijon espère ainsi réaliser des économies d’échelle conséquentes en termes d’énergie et d’intervention.

Les entreprises Bouygues Energies et Services, Citelum (filiale d’EDF), Suez et Capgemini seront en charge de la gestion centralisée. Pour cela, le mobilier va être repensé pour utiliser des capteurs ou LED moins énergivores. D’autres à basse radiation vont monitorer l’environnement afin de récolter un maximum de données (pollution, température, bruit, etc.). Et la fibre sera installée dans la métropole pour faciliter notamment le déploiement des informations. Gestionnaire et communes ont promis de mettre à disposition les données récoltées afin de permettre à d’autres acteurs de participer à la transformation intelligente. Au-delà de la simple avancée technologique et d’une amélioration de la gestion de la ville, l’implantation de tous ces services permettra aussi de créer une quarantaine d’emplois.


Sources : article de Melinda Davan-Soulas pour LCI.fr

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