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Le Musée des Confluences, à Lyon, se penche sur la genèse du cinéma. L’exposition «Lumière!» retrace les expérimentations qui ont abouti à l’avènement du 7e art et, parmi elles, celles des fameux frères (lyonnais) Lumière et de leur non moins illustre cinématographe. L’exposition se tiens du 13 juin 2017 au 25 février 2018.

«Au pas saccadé de son cheval, Golo, plein d’un affreux dessein, sortait de la petite forêt triangulaire qui veloutait d’un vert sombre la pente d’une colline, et s’avançait en tressautant…» Tel est le souvenir que Marcel Proust conservait de la lanterne magique dont on coiffait sa lampe, dans A la recherche du temps perdu.

Inventée au XVIIe siècle et fabriquée en série au XIXe siècle, la lanterne magique est comme le fusil photographique de Jules-Etienne Marey, l’une des multiples expérimentations ayant contribué à la naissance du cinéma à la fin du XIXe siècle. L’exposition Lumière!, organisée au Musée des Confluences à Lyon jusqu’au 25 février 2018, fait la synthèse de ces inventions, dont le fameux cinématographe. Elaboré par Louis et Auguste Lumière en 1894, l’objet couple pour la première fois l’enregistrement d’images animées à leur projection sur grand écran.

L’apport décisif du grand écran

«Le cinéma, c’est non seulement l’écriture d’un scénario et la réalisation d’un film, mais c’est aussi sa projection dans une salle, face à un public», s’enthousiasme Thierry Frémaux, le directeur de l’Institut Lumière, partenaire de l’exposition. Le cinéphile ne dissimule pas son ambition de hisser les frères Lumière au rang d’inventeurs du cinéma.

«Avec le recul, on comprend que l’apparition du cinéma est due à un ensemble de personnes. L’écriture du mouvement, au sens étymologique du mot cinéma, existait avant les frères Lumière, mais ce qui manquait, c’était la projection des films sur grand écran. Il faut rendre justice à Louis Lumière, qui a mis au point le cinématographe», nuance Laurent Mannoni, directeur scientifique du patrimoine de la Cinémathèque française, tout en rappelant que la paternité du cinéma fut disputée dès le début du XXe siècle.

Cinématographe n°1 en projection (décembre 1895). Collection Institut Lumière, photo Pierre Aubert

Film en solo

Issus d’une famille bourgeoise ancrée dans l’écosystème industriel lyonnais de la fin du XIXe siècle, les frères Lumière s’étaient imposés dans le domaine de la photographie grâce à la plaque photographique sèche, fabriquée par Louis Lumière en 1881, et dont la commercialisation avait fait prospérer l’usine familiale.

A l’affût des innovations de leur temps, ils s’inspirèrent, pour l’invention du cinématographe, du kinétographe de l’Américain Thomas Edison, dont un exemplaire est présent dans l’exposition. Conçu pour enregistrer, grâce à un système de défilement reposant sur un jeu de perforations latérales, des images animées sur un film photographique de 35 mm de large, cet appareil était couplé à une visionneuse individuelle. Le film n’était donc visible que par un seul spectateur à la fois et non collectivement, comme avec le cinématographe.

Reconstitution inspirée du Salon Indien, où s’est déroulée le 28 décembre 1895 la première projection publique payante.OLIVIER GARCIN – Musée des Confluences

Première parisienne

Pour le promouvoir, les frères Lumière organisèrent, le 28 décembre 1895, la première projection publique payante dans le Salon indien du Grand Café, à Paris, reproduite pour l’occasion au Musée des Confluences.

Cela a-t-il suffi à faire de cette projection l’acte fondateur du cinéma en tant que spectacle, comme le suggère le propos de l’exposition? «Les frères Lumière ont manqué de vision et ont mis du temps pour imposer leur objet. C’est à Léon Pathé et à Charles Gaumont que l’on doit l’essor industriel du cinéma», selon Laurent Mannoni, qui précise que d’autres séances de projection publique d’images animées avaient été organisées avant celle des frères Lumière, notamment à Berlin.

Projection des 1500 films réalisés par les frères Lumière. OLIVIER GARCIN – Musée des Confluences

Vitraux clignotants

Il n’empêche, les frères Lumière ont activement contribué à la naissance du cinéma. Le visiteur pourra ainsi apprécier la richesse des 1422 films réalisés par les opérateurs formés par Louis Lumière, dont les autochromes présentés ici révèlent par ailleurs les talents de photographes. Récemment restaurés, ils sont rassemblés sur un mur d’images, pièce centrale de l’exposition.

A la fois évocation du vitrail par sa mosaïque lumineuse, et du pixel par la juxtaposition de centaines de rectangles vibrants et clignotants, il établit un lien iconographique entre tradition et modernité. Et invite tant au rêve qu’à la curiosité pour ces films, dont certains témoignent des premiers trucages. Dans Les Chats boxeurs, par exemple, le visiteur pourra deviner les mains d’un marionnettiste agitant les pattes des félins, exhibés debout, en position de lutteurs.

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